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La volonté d'habiter la planète sans la dégrader commence par le fait de limiter l'empreinte environnementale de son habitat. La maison écologique n'est plus une utopie, car toute construction neuve doit désormais répondre à des critères environnementaux et faire appel aux énergies renouvelables.

La faible empreinte environnementale de l'habitat BBC, de la maison passive ou à énergie positive qui s'ajoute aux avantages financiers des économies d'énergie est aussi un gage de confort pour habiter mieux, moins cher et plus écolo-responsable.

Qu'est-ce qu'un habitat écologique ? Quelles sont les différentes classifications des maisons par rapport à l'environnement ? Quels sont les solutions et les matériaux de l'habitat écologique ? Quels sont les prix et les avantages financiers de l'habitat écologique ? Réponses maintenant.

Qu'est-ce que l'habitat écologique ?

Mise en œuvre de la norme BBC

Désormais, en France notamment, toute construction neuve ainsi que toute extension de maison existante est obligatoirement réalisée avec un souci écologique.

La réglementation thermique RT2012 impose que toute construction nouvelle réponde aux impératifs de la norme BBC (Bâtiment Basse Consommation). Ainsi, non seulement la construction doit être étanche à l'air extérieur afin de limiter les déperditions de chaleur et de limiter les consommations en énergie, mais le bâtiment doit également recevoir au moins un système utilisant les énergies renouvelables.

La norme BBC n'est acquise que si la construction ne consomme que quelques kilowatts d'énergie par mètre carré de surface habitable et par an (kWh/m² / an) en énergie primaire. L'énergie primaire étant celle utilisée par les systèmes de chauffage, de rafraîchissement, de ventilation, d'éclairage et de production d'eau chaude sanitaire.

Différents degrés de l'habitat écologique

Selon les consommations d'énergie primaire de la construction, l'habitat écologique se répartit en différentes classifications :

  • BBC (Bâtiment Basse Consommation en énergie) : l'habitat ne doit pas consommer plus de 50 kWh/m² / an en moyenne, avec une pondération selon la zone climatique et l'altitude de son implantation. Afin d'arriver à cette limite de consommations en énergie, la construction reçoit au moins un dispositif utilisant les énergies renouvelables (solaire, pompe à chaleur, géothermie, biomasse…) en plus de posséder une isolation poussée et un certain niveau de perméabilité à l'air extérieur afin de limiter les déperditions thermiques (test d'infiltrométrie à l'aide d'une porte soufflante).
  • Maison passive : la construction passive voit son isolation, son étanchéité à l'air et ses systèmes d'énergie primaire plus aboutis afin que sa consommation soit inférieure à 15 kWh / m² / an, voire totalement nulle.
  • BEPOS (Bâtiment à Énergie POSitive) : la construction étudiée pour répondre aux critères de la maison passive est en outre équipée de systèmes de production d'énergie utilisant les énergies renouvelables (solaire photovoltaïque) afin que la construction produise davantage d'énergie qu'elle n'en consomme. L'énergie produite au-delà des consommations du bâtiment est alors injectée dans le réseau collectif.

Construction et matériaux de l'habitat écologique

Afin que toute construction réponde désormais aux critères BBC, maison passive ou Bepos requis par la RT2012, un certain nombre de dispositions sont à mettre en place, depuis l'étude architecturale jusqu'aux finitions à l'intérieur du bâtiment :

  • Étude thermique : avant même de lancer le chantier, l'étude thermique définit les critères de la construction, afin que celle-ci réponde aux normes de la certification souhaitée (BBC, maison passive ou à énergie positive). Cette étude thermique s'attache notamment à :
    • l'implantation : plutôt orientée au sud dans les régions froides, mais modulée selon la zone géographique afin de profiter de la chaleur du soleil en hiver mais de s'en protéger en été, afin de ne pas avoir recours à des systèmes de rafraîchissement gourmands en énergie ;
    • l'isolation : la construction sur vide sanitaire est privilégiée, puis l'épaisseur et la nature des isolants sont calculées afin de limiter les ponts thermiques et les déperditions d'énergie ;
    • les systèmes à énergie renouvelable sont comparés et dimensionnés, afin d'assurer de manière écologique une partie des consommations que ce soit en chauffage, en éclairage, en production d'ECS (eau chaude sanitaire) ou en rafraîchissement.
  • Choix des matériaux : différents matériaux sont alors choisis et utilisés en fonction de leurs performances en termes d'isolation, mais aussi selon leur coût et leur impact écologique :
    • brique isolante (Mono-mur, Mono'mur, Siporex…) : en terre cuite ou en produits issus du recyclage, ces matériaux de construction sont les plus courants mais leur fabrication est industrielle et requiert une énergie pas forcément naturelle ;
    • bois : la maison à ossature bois ou la maison en rondins ont l'avantage de ne pas requérir de matériaux industriels, mais d'être construites presque exclusivement avec un matériau naturel et renouvelable notamment lorsque le bois est certifié FSC (gestion durable des forêts) ;
    • paille, liège, carton, chanvre, laine : de nombreux matériaux naturels sont désormais disponibles sur le marché pour isoler les murs, plafonds, dalles et combles des habitats afin que ceux-ci soient le plus écologiques possible.
  • Les systèmes utilisant les énergies renouvelables : ils doivent être envisagés dès l'étude thermique, mais peuvent également être ajoutés sur une construction existante afin d'en réduire l'impact environnemental :
    • Chauffage écologique : poêle à bois, chaudière à granulés ou l'insert de cheminée sont des systèmes simples à installer afin d'utiliser la biomasse, alors que les pompes à chaleur eau/eau ou eau/air et la géothermie nécessitent des études plus poussées afin de garantir leur rentabilité.
    • Eau chaude écologique : le solaire thermique est le système le plus répandu pour fournir de l'ECS à moindre coût, mais cette eau chaude peut également être produite partiellement par un système de géothermie.
    • Éclairage écologique : les ampoules à incandescence étant peu à peu bannies du marché, on fait appel aux ampoules à économie d'énergie voire aux LED, en les couplant à des détecteurs de présence, notamment dans l'habitat collectif et dans le tertiaire. La production d'électricité requise pour l'éclairage peut se faire soit par panneaux solaires photovoltaïques, soit par éolienne ou turbine hydraulique.
    • Rafraîchissement écologique : un habitat bien conçu ne devrait pas avoir à nécessiter de système de rafraîchissement car son orientation, la disposition et la nature de ses vitrages et son isolation thermique doivent limiter l'élévation de température intérieure. Toutefois, des systèmes de rafraîchissement par géothermie réversible ou puits artésien permettent de rafraîchir un habitat avec de faibles besoins énergétiques.

Prix de l'habitat écologique et aides possibles

Si le prix de la construction d'un habitat écologique est un peu plus onéreux que celui d'une construction conventionnelle, c'est surtout en raison du coût d'acquisition et de pose des systèmes utilisant les énergies renouvelables.

Si un habitat écologique revient en moyenne à 15 % de plus à la construction qu'un habitat conventionnel, on note souvent que le surcoût en structure et en isolants est amorti en moins de 10 ans (environ 8 ans), alors que les systèmes utilisant les énergies renouvelables s'amortissent en 20  années environ.

L'habitat écologique bénéficie de nombreuses aides financières et incitations fiscales :

  • Eco PTZ/ PTZ + prêt à taux zéro attribué sans condition de ressources pour la construction ou la rénovation écologiques ;
  • CITE : crédit d'impôt pour la transition énergétique de 30 % du coût d'acquisition et de pose d'équipements utilisant les énergies renouvelables. À compter de 2019, ce crédit d'impôt sera transformé en prime versée à l'achèvement des travaux.
  • TVA réduite : la TVA réduite s'applique à la plupart de travaux de construction ou de rénovation (fourniture et installation).
  • Aides locales : les régions et les départements mettent en œuvre une politique d'incitation à la construction écologique. Elle se traduit par des aides locales (se renseigner auprès des communes et des régions).
  • Exonération de taxe foncière : certaines communes exonèrent de 2 à 7 ans les constructions neuves selon leur certification écologique (BBC, maison positive, Bepos, etc.).

Une autre incitation concernant les maîtres d'ouvrage et les promoteurs a été mise en place au niveau de l'urbanisme. L'article L151-28 du Code de l'urbanisme, complété par le décret n° 2016-856 du 28 juin 2016, instaure un « bonus de constructibilité » pour les bâtiments faisant preuve d'exemplarité écologique ou environnementale, ou étant à énergie positive. Un dépassement de constructibilité de 30 % est donc possible, si le PLU le prévoit :

  • si la construction présente une consommation d'énergie inférieure de 20 % à la norme RT 2012 ;
  • ou si la construction a obtenu une certification environnementale délivrée par un organisme accrédité selon la norme VF EN ISO/CEI 17065 ;
  • et si la construction est à énergie positive, ce qui signifie qu'elle utilise au maximum des énergies renouvelables et de récupération, et qu'elle compense l'énergie non renouvelable qu’elle utilise par celle qu'elle produit.

Pour en savoir davantage dans les solutions d'habitat écologique :

  • Économique et respectueuse de l'environnement, la maison écologique est de plus en plus prisée : rendez-vous sur notre site pour tout savoir sur la construction d'une maison écologique.
  • Des dispositifs d'assainissement écologique existent, comme le bambou, le filtre coco, les filtres plantés, etc. On vous informe.

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